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Auteur(s): bricoleurdudimanche

Le monomur : l’isolation au cœur du bâti.


Le monomur : l’isolation au cœur du bâti.

L’engouement un peu tardif en France pour le bâtir sain et écologique par rapport à nos voisins européens et notamment allemands semble prendre peu à peu de l’ampleur. Parmi les meilleurs candidats, le monomur, de plus en plus médiatisé aujourd’hui, voit son nombre d’adeptes augmenter y compris auprès de professionnels du bâtiment. Bientôt, peut-être, ne sera-t-il plus le seul fait de quelques originaux ou éco-constructeurs. Cette semaine BricoleurDuDimanche fait le point sur le monomur. Et oui… Construire et isoler en un seul geste dans le respect de la nature et de l’environnement, c’est possible.


Comment définir un monomur ?

Un monomur est avant tout un matériau de construction destiné à concevoir les murs porteurs d’une habitation. La résistance à la compression de ses éléments permet en effet de construire des bâtiments sur plusieurs étages, mais pas seulement. D’origine minérale, le monomur est aussi un matériau auto-isolant dans le sens où il se suffit à lui-même et n’a pas besoin de renforts ou doublages isolants, intérieurs et/ou extérieurs, pour assurer le confort.

Sa force réside dans sa conception. La particularité d’une brique monomur, connue également sous le nom de « bloc à isolation répartie », tient à la présence de multiples cavités sous la forme de pores et/ou d’alvéoles qui vont littéralement piéger l’air. Elle n’est donc ni totalement creuse, ni totalement pleine et conjugue à merveille le pouvoir naturellement isolant de l’air maintenu parfaitement immobile avec le principe d’allongement du parcours thermique. Le chemin des calories au travers d’un monomur est ainsi constitué de nombreux tours et détours pour éviter les pièges à air (comme sur l’exemple du schéma simplifié ci-contre) et peut alors totaliser une distance finale allant jusqu’à plus de trois fois l’épaisseur réelle du mur en question. Le degré d’isolation thermique en est donc augmenté.

Les différents types de monomur.

Il n’existe pas un seul et unique modèle de monomur. Dans le commerce, vous aurez le choix entre plusieurs modèles et leurs variantes avec des différences quant à leurs conceptions et aux matières premières utilisées. Mais synthétiquement, il est possible de les répartir en trois grandes familles.

Monomur en terre cuite : Certainement la plus connue à l’heure actuelle auprès du grand public Français, la brique monomur en terre cuite est facilement reconnaissable à sa couleur orangée. Composée principalement de terre et d’eau, elle est façonnée à haute température. Sa structure alvéolée piège une grande quantité d’air. En effet, chaque brique possède plusieurs centaines de cavités de formes rectangulaires disposées en rangs alternés pour une meilleure isolation.

Pour maximiser encore plus son pouvoir isolant, certains fabricants incorporent des composants supplémentaires à la fabrication comme de la sciure de bois ou de la pâte à papier tandis que d’autres sélectionnent une argile aux propriétés destinées à produire une terre cuite plus poreuse.

Le béton cellulaire : Aussi appelé thermopierre, le béton cellulaire offre un modèle de bloc monomur particulièrement léger. Ici, les cavités ne se compte plus en centaines d’alvéoles mais en milliers de petits pores. Ceux-ci sont obtenus lors de la fabrication par l’action d’un agent d’expansion qui déclenche une réaction chimique parfaitement naturelle.

Plus concrètement, le béton cellulaire est élaboré à partir d’un mélange de sable siliceux, de ciment, d’eau, de chaux et de 0.05% de poudre d’aluminium. La poudre d’aluminium va entraîner, au contact de la chaux, l’émanation d’hydrogène et donner ainsi naissance à des milliers de petits pores qui emprisonneront l’air. Ce procédé peut permettre à un bloc d’emmagasiner jusqu’à 80% de son volume en air, d’où sa faible densité.

Le béton léger : La composition de ce béton léger est très proche de son concurrent en béton cellulaire. La grande différence tient au choix du composant minéral ; plus de sable siliceux mais un autre élément susceptible d’augmenter encore plus le nombre de pores présents dans le futur bloc monomur.

Il existe d’ailleurs plusieurs versions de monomur en béton léger comme ceux à base de billes d’argile, de verre expansé ou encore de pierre ponce. Cette dernière est assez intéressante dans le sens où elle exploite une pierre d’origine volcanique déjà poreuse à l’état naturel.

Avantages communs à tous les monomurs.

Côté mise en œuvre, l’emploi des monomurs présente quelques particularités techniques. De ce fait, certaines sociétés spécialisées dans ce commerce proposent une mise au point afin que leurs produits soient utilisés au maximum de leurs capacités. Mais une fois initié aux bons gestes, il est indéniable que le monomur offre une facilité de pose et une rapidité d’exécution des plus appréciables. De plus, ils produisent significativement moins de déchets et usent beaucoup moins de mortier, et par là même d’eau, dans la réalisation par un montage à joints minces. Pour illustrer ces propos, il a par exemple été avéré qu’une construction en monomur de terre cuite induit un gain de temps de près de 30% et une économie de mortier pouvant atteindre 98%, en comparaison avec un chantier classique. En effet, ce modèle ne nécessite pas forcément de joints verticaux, ses faces crantées permettant l’emboîtement à sec.

La possibilité de réduire la taille des joints possède également un autre avantage. Celui de diminuer très nettement les phénomènes de ponts thermiques entre les blocs, qui peuvent être schématisés comme de véritables « trous » dans votre isolation. Enfin, sachez que contrairement à beaucoup de revêtements isolants, les monomurs gardent leurs propriétés isolantes intactes avec le temps. Avec eux, vous ne constaterez aucune baisse de performances malgré les années et vivrez même dans un environnement plus sain et plus sûr. La porosité des blocs monomurs permet en effet aux murs de « respirer » en absorbant et restituant la vapeur d’eau de l’air ambiant selon les besoins. C’est donc un parfait moyen de réguler naturellement l’hygrométrie chez soi et d’éviter l’apparition de problèmes de condensation ou d’humidité.

D’autant plus que le monomur par sa nature minérale est totalement imputrescible mais aussi ininflammable (classement A1 = incombustible) et inattractif pour les insectes et autres rongeurs. Question finitions, pas de contraintes particulières ni d’altération des performances. Quasiment tous les enduits sont utilisables : plâtre, chaux, terre,… et enduits extérieurs traditionnels, jusqu’à trois couches.

Leur bilan écologique.

Les monomurs sont à juste titre considérés comme un des symboles de l’éco-construction. Car non seulement ils assurent de réelles économies d’énergie par une isolation thermique efficace, en permettant la réduction de consommation de chauffage en hiver et de climatisation en été, mais en plus leur fabrication ne génère aucun rejet toxique dans l’atmosphère en dehors d’un peu de CO2 bien sûr. A ce propos, c’est sans nul doute la terre cuite qui en produit le plus des trois, car la puissance et le temps de chauffe qu’elle nécessite sont assez élevés : 1000°C pendant plusieurs heures. Mais elle n’en demeure pas moins écologiquement viable, y comprit sur son bilan en énergie grise.

Du point de vue de l’utilisation des ressources, l’argile et la silice servant à l’élaboration des monomurs en terre cuite et thermopierre sont disponibles localement et dans le monde en grande quantité. Ce qui n’est pas le cas en revanche de la pierre ponce dont les gisements, principalement en Amérique et en Grèce, affichent des réserves plus limitées qui pourraient bien être épuisées d’ici moins de 30 ans. Et pour ce qui est du traitement des déchets, sachez que le monomur quel qu’il soit est totalement inerte, en plus d’être 100% revalorisable.

Comparatif monomurs.

Si l’on confronte les performances d’une construction traditionnelle en parpaings par rapport à des réalisations en monomur, on constate rapidement l’intérêt de recourir à l’une de ces solutions sur de nombreux critères. Le tableau récapitulatif ci-dessous, vous en offre d’ailleurs un bon aperçu :

Du point de vue de l’utilisation des ressources, l’argile et la silice servant à l’élaboration des monomurs en terre cuite et thermopierre sont disponibles localement et dans le monde en grande quantité. Ce qui n’est pas le cas en revanche de la pierre ponce dont les gisements, principalement en Amérique et en Grèce, affichent des réserves plus limitées qui pourraient bien être épuisées d’ici moins de 30 ans. Et pour ce qui est du traitement des déchets, sachez que le monomur quel qu’il soit est totalement inerte, en plus d’être 100% revalorisable.

L’indication du niveau de l’inertie thermique a ici son importance quant au confort, à la puissance d’isolation et à l’économie d’énergie qu’un monomur peut apporter. Comme vous pouvez le voir l’inertie thermique de la brique monomur en terre cuite et celle du béton cellulaire sont particulièrement élevées, se traduisant dans les faits par des déphasages respectifs d’environ 12 et 13 heures tandis que la pierre ponce n’est qu’à 4 heures. Aussi avec ces deux modèles, la chaleur accumulée dans la paroi du monomur est-elle restituée en surface à un intervalle de temps suffisant pour offrir une régulation idéale de la température toute l’année.

En été, cela se manifeste par l’évacuation la nuit à l’extérieur de la chaleur emmagasinée pendant la journée et l’hiver, par la restitution d’une partie du chauffage accumulé à l’intérieur de l’habitation. Aussi pourrez vous vous permettre avec eux d’installer un système de chauffage moins puissant que celui que vous envisagiez de prime abord et bénéficier d’une baisse de consommation d’énergie hivernale de l’ordre de 10%. De plus, cette restitution continue et douce par rayonnement vous assurera un confort et une qualité de chauffe régulière et sans à-coups. Au niveau de l’isolation phonique, le béton cellulaire est encore une fois le plus performant des trois monomurs avec un Rw d’environ 49 décibels pour mur d’une épaisseur de 30 cm, alors que la terre cuite affiche par exemple un résultat proche 43 décibels dans les mêmes conditions. La pierre ponce bonne dernière n’est pas pour autant inefficace contre les nuisances sonores. Tous les monomurs présentent en effet des valeurs de résistance acoustique supérieures à la valeur minimum réglementée, qui est de 30db.

Pour conclure sur l’aspect tarifaire, il est malheureusement difficile de fournir un panel de coût précis pour chaque monomur en raison des multiples facteurs qui entrent en compte dans ce calcul (matériaux choisis, épaisseur souhaitée, fournisseurs, main d’œuvre spécialisée…). Surtout aujourd’hui où le néo-engouement français pour l’écologie en général et le « bâtir sain » en particulier pourrait bien faire évoluer les prix. Néanmoins, à l’heure actuelle, le monomur en terre cuite alvéolée reste la version la plus abordable. La différence de coût avec une construction en parpaing classique étant déjà en bonne partie amortie par la dépense nécessaire à l’isolation de ce dernier. Sans compter les économies futures que vous apportera le monomur, son confort et la satisfaction d’habiter un maison saine respectueuse de l’environnement.


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