21 décembre 2006 Auteur(s): bricoleurdudimanche
Les polychlorures de vinyle (PCV)
Ce plastique est sans doute le plus connu de tous car son nom est entré dans le langage courant tant son utilisation est fréquente dans la maison. C’est une matière plastique très rigide, qui présente de très bonnes propriétés mécaniques et chimiques, même à des températures ambiantes élevées (60° C), ce qui explique ses nombreuses utilisations à l’extérieur de la maison. Sa rigidité qui lui confère une bonne résistance aux chocs le rend aussi plus cassant que les polypropylènes ou les polyéthylènes.
Sous quelle forme trouve-t-on ce matériau dans la maison ?
Le polychlorure de vinyle est utilisé dans la fabrication de nombreux produits : profilés de fenêtre, portes, barrières, gouttières extérieures, pots de margarine, tuyaux de gaz, classeurs et pochettes à documents…
Comment reconnaître ce matériau :
Une flamme verte apparaît lorsque vous brûlez un fil de cuivre sur lequel se trouve du PVC, à cause de la présence de chlore.
Comment travailler et bricoler avec ce matériau :
Le PVC se colle aisément avec les différentes colles disponibles sur le marché, dont les colles contact.
C’est un matériau rigide et cassant, il est possible de le percer mais nous vous recommandons d’utiliser des scies manuelles pour le découper.
11 Votes
commentaires
Le PVC se travaille très bien à chaud. Par exemple pour apporter des modifications à des tuyaux d’évacuation de plomberie, il suffit de le chauffer pour le tordre. Il est possible de réaliser à la main toute sorte de déformations sur le tuyeau, pour réaliser des pincements, ou coudes de tous angles, jusqu’au siphon (qui du coup n’aura pas d’accès de vidange ; mais si on veut juste bloquer les odeurs, ça suffit).
La chauffe se réalise avec un chalumeau basique à 8€ en GSB, tenir le PVC tout au bout de la flamme, et bouger en permanence, ne jamais garder la flamme à un même endroit. Il est préférable d’éviter le noircissement, mais ce n’est pas très grave non plus ; le noircissement arrive dans la majorité des cas en surface du matériau, ce qui laisse les 3/4 de l’épaisseur pour assurer le travail voulu. La chauffe est assez longue, car le PVC est épais, et la chaleur met du temps à pénétrer. 3 à 4 mn pour un tuyeau d’évac.
Je porte toujours des gants, ce qui permet entre autre d’infliger au PVC des formes très particulières, nottement lorsque je réalise des angles forts sur des gros diamètres : je m’assure que le plis se fait dans le sens de l’écoulement. Je met la main à l’intérieur pour bien étirer la matière, et essayer de garder le plus gros diamètre possible. Une fois que je suis satisfait de la forme, je le passe une dizaine de secondes sous l’eau.
Le matériau est très docile, et le coup de main se prend très rapidement.
Je réalise aussi beaucoup d’embouts femelle, ce qui m’économise les double femelle préformés. Je forme l’embout à chaud sur un bout de tuyeau, puis je refroidis, puis je sépare, et je colle. La séparation est parfois difficile, mais je n’ai jamais osé badigeonner de graisse, de peur que ça empêche la colle de fonctionner.
Note au passage sur les colles : les colles PVC ne fonctionnent pas comme les colles traditionnelles. Les colles traditionnelles sont des matériaux liquides ayant un fort pouvoir d’ahdérence (faible tension de surface), puis de séchage. Les colles PVC contact sont des acides qui dépolimérisent le PVC durant quelques secondes, puis en séchant, laissent le PVC se repolymériser. Lors de la repolimérisation, les molécules des deux surfaces s’unissent pour former un polymère unique. Une bonne compréhension de ce principe est nécessaire pour prendre conscience à quel point les surfaces doivent être propres : complètement propres : ça doit être impérativement du PVC pure. Par contre, à l’inverse des autres principes de collage, on recommande un passage de papier de verre, sans en retirer la poussière. Si le papier de verre sert pour vous à supprimer les corps étrangers, il faut les éléminer. Mais si le PVC était propre, et que la poussière est à 100% du PVC, alors cette poussière contribuera à la fusion des deux bords. Certains estiment que cette forme de collage est comparable à de la soudure vraie (par opposition à la brasure par métal d’apport différent du support). Le collage est très rapide : après pose de la colle, la dépolymérisation commence immédiatement ; il faut aller le plus vite possible, 30s à 1mn max. Une fois que les surfaces encollées sont mises en contacte, la prise est quasiment immédiate : après 5s sans bouger, c’est terminé. L’encollage peut n’être effectué que sur une seule surface. La colle résiduelle qui déborde n’intervient pas du tout dans la qualité de l’union, ni dans l’étanchéité du raccord ; elle peut même éventuellement être raclée, et réutilisée pour le collage suivant.
Note : il m’est arrivé de coller ensemble des tuyaux d’évacuation achetés au rayon plomberie, avec des tubero du rayon électricité. Le tubero est plus souple, plus fin, et disponible dans des diamètres plus petit. Ca m’a permis de faire passer l’évacuation d’un évier (théoriquement en 32), dans un mur, très épais, un jour ou je n’avais qu’une mèche de 25 pour percer ce mur (65cm d’épais, 80€ la mèche). J’ai toujours ma mèche de 25, je n’ai jamais acheté la 32. Le tubéro de 25 est à peine plus petit que l’intérieur du tuyau d’évacuation de 32 ; avant de les coller ensemble, je découpe des tronçons de 3cm de long sur le tubero, que je fends, et colle autour du tubero pour l’agrandir. Toutes les fentes sont positionnées en haut, pour limiter les fuites (mais le problème ne se pose qu’en amont ; pas en aval).
auth