Le robinier, un bois local durable à utiliser sans modération

4 février
Auteur(s): Céline_BDD


Le robinier, un bois local durable à utiliser sans modération

Le Robiniapseudoacacia : un véritable cadeau botanique !

Le robinier a été importé du Canada par le botaniste du roi Henri IV, Jean Robin, dont il tire son nom. Le premier spécimen fut planté en 1601 Place Dauphine (Paris) avant d’être ensuite transféré au Jardin des Plantes. Il a par la suite rapidement colonisé l’Europe en raison de ses caractéristiques exceptionnelles : croissance rapide, longévité, imputrescibilité.... S’il tombe dans l’oubli au moment de l’ère industrielle, le robinier est en passe de redevenir le ’Roi des forêts’. Cultivé dans des espaces maîtrisés, il combine les atouts. C’est d’ailleurs la seule espèce en Europe de classe 4 ! 3e essence feuillue de production mondiale après le peuplier et l’eucalyptus, le robinier est aujourd’hui cultivé sur quelques 130 000 ha en France (dont 40 % en région Rhône-Alpes-Auvergne). Et on comprend pourquoi !

Les atouts de la culture du robinier en France

Impact réduit sur l’environnement Saviez-vous que la France était le 3e importateur de bois tropicaux ? Pourtant le robinier, issu de forêts cultivées gérées durablement, possède exactement les mêmes caractéristiques que le teck ! Et en plus sans traitement et avec très peu d’eau ! Il a ainsi besoin de 3 fois moins d’eau que le pin pour se développer. Le faux acacia en plus se régénère sans intervention : il drageonne ! Cloneur fou, le robinier, à ne pas confondre avec l’acacia, pousse comme les fraisiers. À l’instar des stolons, il émet sur ses racines superficielles (qui peuvent s’étendre jusqu’à 10 m et plus !), des racines secondaires sur lesquelles poussent des rejets. Et ces rejets se développent encore plus rapidement que l’arbre mère : jusqu’à 4 m par an !

Les racines des robiniers, pouvant descendre jusqu’à 10 m de profondeur, forment un dense réseau de colonies clonales. Très utiles pour stabiliser les remblais et terrains en pente ou pour reboiser des sols stériles, ces réseaux enrichissent le sol plutôt que l’appauvrir. En effet, comme toutes les Fabacées, les robiniers fixent très bien l’azote atmosphérique. Ils ont en outre une très grande capacité de stockage de CO2 (photosynthèse).

Robustesse et imputrescibilité Tout comme les bois exotiques (Doussier, Ipé, Merbeau...), le pseudo acacia résiste naturellement au contact, même permanent, avec l’eau douce. Il ne nécessite donc aucun traitement, contrairement aux essences de bois dites dures de la classe 3 (EN 335) : châtaignier, chêne, épicéa, mélèze red cedar, pin douglas, sapin...

Imputrescible, le robinier est ainsi parfaitement adapté aux ouvrages d’extérieur : abris de jardins, balcons, bordures de plates-bandes, caillebotis, clôtures, garage, mobilier, terrasses de piscines, pergolas, poteaux, etc.

Antiseptique naturel, le robinier est également très résistant aux attaques de champignons et insectes xylophages parasites (mérule, termites, capricornes...). Il ne craint pas non plus les périodes de sécheresse et constitue un excellent bois de chauffage.

Croissance rapide Quelle que soit la nature des sols, le robinier pousse quasi aussi vite que le bambou. Il peut atteindre jusqu’à 40 m de hauteur ! Sa productivité (env. 12 m3/ha/an) est bien plus élevée que celle d’un feuillu.

Autres atouts On utilise encore aux États-Unis les racines du robinier pour la teinture. Quant à ses fleurs, très parfumées, elles servent à la fabrication de miel, de beignets, de boissons... Ses fanes (tiges + feuilles) se dégradent en outre rapidement, favorisant l’équilibre chimique des sols. Le robinier est aussi un choix pertinent en matière de production de biomasse. Très résistant aux variations climatiques, économe en eau, fixateur d’azote, à enracinement puissant et de croissance rapide, le robinier est aussi un remarquable mellifère. Il constitue une excellente alternative locale aux bois exotiques, mais aussi aux résineux français traités chimiquement. Jugée un temps invasive, car mal exploitée, la culture du robinier est aujourd’hui promise à un bel avenir.

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