C’est décidé : vous vous lancez dans des travaux pour rénover ou améliorer votre logement. Vous avez comparé le prix des matériaux, réfléchi à ce que vous pouvez faire vous-même et planifié vos weekends en mode chantier. Mais avez-vous pensé à votre assurance habitation ? C’est l’oubli le plus fréquent des propriétaires qui rénovent, et il peut coûter cher en cas de sinistre. Extension, véranda, installation d’une alarme, travaux d’isolation… Certains travaux peuvent faire grimper votre prime d’assurance habitation tandis que d’autres peuvent la réduire. On fait le point sur le sujet.
Se rendre en agence ou souscrire à un contrat en ligne pour assurer sa maison est un réflexe que l’on a tous, au moment de la signature d’un bail ou de l’achat d’une maison. Mais avez-vous pensé à cette assurance habitation au moment de vous lancer dans des travaux de rénovation ? Pour rappel, votre prime repose sur une évaluation des risques : la surface du logement, la valeur des biens à garantir, les équipements de sécurité ou bien encore l’usage des lieux. Dès que des travaux modifient ces éléments, les risques peuvent changer et cela a un impact sur la prime.
Une véranda ou une extension ajoute des mètres carrés à votre logement mais aussi une surface vitrée plus grande et susceptible d’être brisée dans le cas d’une effraction ou de catastrophe naturelle. Un système d’alarme certifié peut, par contre, limiter les risques de vols. Dans le premier cas, on parle d’aggravation du risque tandis que le deuxième cas diminue les risques. Dans les 2 cas, cela a un impact sur votre contrat d’assurance habitation.
Oui, dès lors qu’ils peuvent modifier les risques. Le Code des assurances (article L113-2) impose à l’assuré de signaler en cours de contrat les nouvelles circonstances qui peuvent aggraver ou diminuer les risques. D’après nos recherches, le délai de principe est de 15 jours à partir du moment où vous avez connaissance de ces modifications. Nous vous conseillons de relire votre contrat d’assurance habitation pour voir quelles sont les conditions appliquées à votre contrat et s’il y a des travaux concernés en particulier.
Une fois informé de vos travaux, votre assureur peut alors proposer une nouvelle prime, adaptée à votre situation, ou bien refuser et mettre fin au contrat dans les conditions prévues par la loi (article L113-4).
Si vous faites le choix de ne pas tenir au courant votre assureur, celui-ci peut réduire votre indemnisation en cas de sinistre. Et dans le cas où la mauvaise foi serait prouvée, vous pourriez même voir votre contrat annulé. Toutefois, pour de simples travaux de peinture ou de décoration, pas besoin de prévenir votre compagnie d’assurance puisque cela n’a aucun impact sur les risques.
C’est très simple. Cela vous prend peu de temps mais il est tout de même recommandé de faire les choses dans les règles.
Rassemblez tout d’abord les informations concernant les travaux : nature des travaux, date, surface concernée, devis ou factures, et certificats éventuels (alarme, installation de nouveaux chauffages…). Pensez ensuite à écrire à votre assureur, soit par courrier, soit en passant par votre espace client, afin de lui transmettre ces informations.
Demandez un avenant ou une mise à jour du contrat pour que les travaux concernés y apparaissent et soient ainsi pris en compte, surtout s’ils ont un impact sur les risques.
Gardez en tête que plus un logement gagne en valeur (meilleure isolation, extension, installation d’une piscine…), plus la prime d’assurance a de chances d’augmenter.
Avant de vous lancer dans ces travaux, n’hésitez pas à faire le point sur leur impact avec votre assureur pour éviter les surprises !
A contrario, certains travaux peuvent rassurer votre assureur et faire baisser vos cotisations.
Petite précision : ces éléments peuvent faire baisser votre prime mais ce n’est pas obligatoire. La loi prévoit une diminution de la prime quand les risques diminuent dans un logement, mais ce n’est pas systématique. N’hésitez pas à demander un devis et à faire jouer la concurrence.
Il est bien important de faire la déclaration des travaux auprès de votre assureur, mais pensez bien à garder tous les justificatifs et certificats qui prouvent que vous faites vos travaux correctement, avec des équipements adaptés. Gardez les factures des matériaux et prenez des photos à chaque étape des travaux, pour avoir des preuves si besoin.
C’est une notion évidente mais veillez à bien respecter les normes en vigueur pour vos travaux de rénovation. Un incendie dû à une installation électrique non conforme peut compliquer la procédure d’indemnisation, pour ne citer que cet exemple. Enfin, gardez en tête que la garantie décennale d’un professionnel ne couvre pas vos propres ouvrages : en cas de problème, c’est votre assurance habitation et votre responsabilité qui sont en jeu.
En conclusion, il faut avoir 3 réflexes avant de vous lancer dans des travaux : déclarer ces travaux qui vont avoir un impact sur les risques, justifier les travaux avec des photos, des certificats et des factures, mais aussi comparer les offres d’assurance habitation si la prime augmente trop fortement. Nous vous recommandons d’en discuter avec votre assureur, que ce soit pour connaître les conditions de modifications de votre contrat mais aussi éviter les mauvaises surprises en cas de sinistre !
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